L’Hystérie

L’Hystérie

L’hystérie est un mode de fonctionnement psychique particulier qui parfois crée le mal, parfois non. Mode particulier de désir, d’investissement d’objet. Rapport difficile au désir, érotisation difficile. Avec des interrogations de type : « Quelle place a-t-on pour l’autre ?», « Comment se situe-t-on dans le désir de l’autre ? », « Qu’est-ce que l’objet du désir ? ».

I/   Histoire de l’hystérie

L’hystérie est toujours liée au scandale, à l’hyper expressivité et à la féminité. L’hystérique, historiquement a été rejeté par les praticiens.

Jusqu’au 19e siècle, l’hystérie est exclusivement féminine, l’homme est hypocondriaque. (Hystérie = Utérus).

Lié aux sorcières ® à la sexualité débridée à une époque très puritaine. Si l’on regarde les écrits sur des jugements de sorcières, on retrouve des symptômes caractéristiques de l’hystérie (kinesthésies, conversion, convulsions, troubles somatiques…).

L’exagération de la féminité était insupportable dans un monde d’hommes.

Charcot : Création de la neurologie à partir de l’hystérie. Charcot sait que c’est sexuel, à l’époque (les hystériques parlent sexualité sous hypnose), mais ne peut pas en parler. Les hystériques provoquent la création du savoir et rendent prisonnier Charcot de ce savoir.

À la mort de Charcot, Babinski fait le ménage et exclue les hystériques de la neuro. Pour lui c’est de la simulation.

L’hystérie est réintégrée par Freud. L’hystérie varie selon les époques. (Les symptômes sont adaptés à l’époque).

Aujourd’hui, il n’y a plus beaucoup d’hystériques de Charcot, sauf dans les campagnes ou dans les pays ou l’hyper expressivité somatique est importante.

En Europe, l’hystérie est rentrée avec Hippocrate et sortie avec le DSM qui l’exclue complètement. Dans le DSM, les troubles de l’hystérie sont éclatés.

II/ La compréhension psychopathologique

Le corps exprime quelque chose qui n’est pas dit et en ça, l’hystérie se distingue du psychosomatique qui n’est pas métaphorique.

Chez Freud, conversion hystérique avec refoulement. Le sujet hystérique a l’air d’être indifférent à son symptôme.

Études sur l’hystérie : Anna O. Cas particulier assez lourd. Début de la talking cure (Breuer).

Les autres cas sont freudiens. Pas d’exposition de la sexualité ni de l’enfance au début. Il reste dans le somatique. En 1896, il commence à penser que c’est un fantasme de séduction qui est à l’origine du symptôme ® provoque le refoulement, qui entraîne le trouble somatique ou le déplacement sur un objet (phobie ® hystérie d’angoisse).

Particularité de l’hystérie : Conflit passif oedipien ® le fantasme concerne le fait d’être séduit(e) de manière incestueuse. Le fantasme, manifestation d’un désir. C’est à partir de là – « ce n’est pas la réalité, c’est le fantasme » – que l’on rentre dans la psychanalyse.

Mécanisme central de l’hystérie : Représentation refoulée, l’affect lié est déplacé vers la création d’un symptôme.

Cas E. Van Herr : paralysie suite à la mort de sa sœur et d’un désir du beau-frère. Elle prononce les mots « je ne peux pas m’en sortir » ® Conversion, son idée est convertie en symptôme ® la paralysie.

C’est au moment où son désir pouvait être réalisé qu’elle se paralyse ® Dans l’hystérie, le désir ne peut être satisfait. Freud dit que c’est la conversion qui fait l’hystérie et pas l’inverse.

Ce qui importe le plus c’est le langage du sujet, la façon dont il exprime son être verbalement.

Freud dit de manière claire que l’origine de l’hystérie est à chercher dans la fixation phallique de l’Œdipe ® Tout hystérique ne peut pas renoncer à ses souhaits incestueux. Plutôt que d’assumer les conséquences, il refoule.

La tranquillité psychique suppose le maintien paradoxal de ce qui est dangereux ® l’hystérique ne voit pas là où est la sexualité et là où elle n’est pas ou inversement. Pour lui, toute relation sentimentale ou sexuelle est incestueuse, car l’Œdipe n’a pas été dépassé ® le propre de l’Œdipe c’est le renoncement, mais chez les hystériques, non.

Cas Dora : Dora est un objet d’échange entre son père et le mari de la maîtresse de son père. Elle n’est pas aimée pour elle mais pour les avantages qu’elle peut apporter : statut de la femme de cette époque dans un certain milieu.

Scène primitive : Dora permet à la sexualité de son père d’exister. Elle en est prisonnière.

Le rêve d’une patiente hystérique qui veut donner tort à Freud : La dame au saumon fumé. Freud rentre dans son jeu en lui disant qu’il a raison (voir poly).

Lacan (à ses débuts) : Idée de départ ® Personne n’a de phallus, l’objet de désir. Présent dans l’Œdipe ® désir de la mère. Il faut savoir ce que la mère désire. Le phallus, c’est dans le fantasme (ce n’est pas le pénis).

Pour les sujets hystériques la quête est la même mais prise dans le rapport à l’autre. L’hystérique a très bien compris que l’autre désirait ce phallus et que dans ce jeu de constructions illusoires, on pouvait s’identifier à ce que recherche l’autre : être le phallus.

L’hystérique va essayer de construire un père tout puissant, un maître, supposant que c’est le désir de l’homme, et va s’identifier à une situation phallique d’objet qui permet à l’homme d’être complet. L’hystérique plutôt que de dépendre d’un maître, d’être passive, cherche à construire le maître ; un maître maîtrisé, sur lequel on règne, n’est plus un maître, un autre comblé, n’est plus comblé. La situation perd alors de son intérêt.

Avoir l’objet du désir ou l’être : l’hystérique choisit de l’être mais en l’étant, elle se perd.