Paternité : les doutes et les questions

Désirer et planifier la naissance d’un enfant est presque toujours un événement central dans le parcours existentiel d’un couple. Les femmes et les hommes consacrent une grande partie de leur temps ensemble, de leurs pensées et de leur énergie à planifier et à vivre la parentalité. Cependant, la période de reproduction, en particulier pendant et immédiatement après la grossesse, aussi riche en désirs, en attentes et en images positives soit-elle, est aussi potentiellement stressante en raison des changements importants qu’elle produit dans l’état émotionnel et psychologique des partenaires. Ces changements ne concernent pas seulement les femmes, mais aussi les hommes. Au-delà des événements imprévus et douloureux : grossesse à risque, fausse couche dans les premiers mois ou à l’approche de la naissance, problèmes d’infertilité et nécessité d’un traitement pour la guérir en termes généraux, les hommes et les femmes vivent le stress de la grossesse et du post-partum de manière différente, mais avec des caractéristiques étonnamment similaires. Arrivent-ils à donner vie à leur bébé ?  Et deviendraient-ils père et mère ?

L’anxiété de devenir père

On a beaucoup écrit sur l’anxiété et la dépression des femmes pendant la grossesse. La dépression post-partum, ainsi que le baby-blues est très étudiée et fréquemment traitée par les psychologues. Au contraire, les difficultés existentielles des hommes dans cette période délicate sont souvent sous-estimées. Par exemple, on sait que pour les femmes, l’anxiété est élevée pendant la première période de la grossesse et diminue pendant la deuxième phase, puis revient à un niveau élevé pendant la période prénatale. L’humeur dépressive, en revanche, disparaît dès le premier mois jusqu’à la naissance. Il peut être surprenant d’apprendre, à partir des quelques recherches effectuées, que les pères connaissent également l’anxiété et la dépression pendant la période allant de la conception à la naissance. L’intensité des symptômes est plus faible que celle des mères, mais le schéma en U semble identique. En particulier, pour les hommes qui en sont à leur première expérience parentale, l’anxiété est très élevée au cours des premier et troisième trimestres, tandis que les pères qui ont déjà des enfants connaissent les niveaux de stress les plus élevés, surtout au cours du troisième trimestre, celui qui est le plus proche de la naissance. Dans l’expérience de l’anxiété et du stress des pères, il n’y a pas que les facteurs psychologiques ou de personnalité qui comptent. Les hommes plus jeunes, avec une situation professionnelle instable et moins de temps à consacrer, sont ceux qui souffrent le plus pendant les mois d’attente. En général, l’anxiété des hommes diminue progressivement après la naissance, mais les choses ne se déroulent pas toujours de manière linéaire. La précarité de l’emploi ou les difficultés dans la relation avec le partenaire peuvent faciliter la poursuite de l’anxiété même après la naissance ou accentuer les expériences dépressives.

Quelles sont les principales craintes des futurs nouveaux pères ?

Certaines craintes sont anciennes, typiques de l’histoire psychologique masculine, comme le fait de ne pas pouvoir protéger et subvenir aux besoins de la famille de manière adéquate. Les changements sociaux et culturels et l’égalité substantielle avec les femmes n’ont pas affecté le souci des futurs pères quant à leur capacité à être un bon soutien, tant économique qu’émotionnel, pour la famille qui se forme. Une autre crainte, en fait assez répandue bien que rarement admise, est celle de ne pas être vraiment le père de l’enfant. Cette peur est reconnue comme non fondée même par ceux qui la ressentent, il est très rare qu’il y ait de véritables soupçons ou des signes de trahison de la part du partenaire, mais cela indique à quel point certains mécanismes émotionnels sont profondément enracinés et mal contrôlables. Une autre peur qui se manifeste chez les pères pendant la grossesse est celle de la mort. C’est comme si la naissance d’un enfant révélait que l’on n’est plus le plus jeune. Si tout va bien, c’est-à-dire si les choses se passent comme il se doit, le père sait qu’il mourra avant l’enfant. En d’autres termes, la croyance typique de la jeunesse selon laquelle on est immortels est définitivement dissoute. Souvent, lorsque cette prise de conscience apparaît, la crise peut être profonde et angoissante. Outre la crainte, largement ressentie par les futurs pères, pour la santé de l’enfant et de son partenaire, une autre crainte commune est celle des répercussions que la présence d’un enfant peut avoir sur la relation avec son partenaire. Par exemple, le père peut développer le soupçon angoissant et souvent vécu avec culpabilité et honte que l’enfant sera plus aimé qu’il ne l’est, que la relation entre la mère et l’enfant l’exclura de son intimité avec elle, que la relation sexuelle avec le partenaire se refroidira et qu’il n’y aura plus de place pour l’activité et le temps passé ensemble.

Un test de paternité, est-il fiable ? Comment pratiquer les prélèvements d’ADN ?

En matière de filiation, de nombreux doutes peuvent s’installer chez une mère ou un enfant au fil des années. N’avez-vous jamais eu un doute sur vos origines ? Comment être absolument certain que celui qui vous a éduqué au fil des années est bien votre père ? Pour éviter ces questions, le Droit de la famille a posé de nombreuses solutions. Il n’y a désormais plus de distinction entre la filiation naturelle et la filiation légitime, issue du mariage. Le lien de paternité est défini lorsque le père est l’auteur de la reconnaissance de l’enfant, et l’établissement de la filiation est alors immédiat. À cet instant, les marqueurs génétiques ne sont jamais vérifiés pour assurer que la personne qui vient reconnaître son enfant est bien le père biologique de l’enfant. S’il existe une présomption de paternité au sein des couples mariés, les relations sont souvent plus complexes, et la naissance d’un enfant n’est parfois pas incompatible avec une action en recherche de paternité dans les années qui suivent.

Pour quelles raisons pratiquer un test de paternité ?

Malgré ce que peut préciser l’acte de naissance, il est possible que la mère, l’enfant, ou même le père présumé souhaitent pratiquer un test de paternité. La recherche de paternité prend ainsi tout son sens dans les familles qui peuvent parfois se montrer divisées, ou sur lesquelles plane un doute auquel la génétique peut répondre. Un enfant qui pense que son père présumé n’est pas son père biologique, une mère qui souhaite s’assurer que l’homme avec qui elle vit est bien le père de son enfant, un père qui remet en question la parole de sa femme après qu’elle lui ait expliqué qu’elle n’avait pas fréquenté ce collaborateur lors du dernier voyage d’affaire. Faire appel à un laboratoire étranger pour réaliser un test de paternité permet d’écarter les doutes qui subsistent quant au lien de parenté, sans pour autant engager une action en contestation de paternité en Justice. Le test peut bien évidemment être réalisé avec le consentement de la personne testée, mais la discrétion est également souvent envisagée. Il est, en effet, possible d’envoyer des échantillons au laboratoire pour effectuer le test de paternité à l’insu du père présumé, et ainsi éviter tout conflit familial lié à la question.

Le test de paternité, est-il vraiment fiable ?

La question revient de manière très récurrente en matière d’établissement d’un lien de paternité. L’arbre généalogique, la couleur des yeux ou encore la présence de certaines maladies héréditaires ne permettent pas toujours d’établir un lien certain de paternité entre deux individus. Ces critères peuvent éventuellement être utilisés pour retrouver les origines d’une personne, mais ils sont loin d’être aussi précis qu’une analyse ADN. Les analyses ADN vont se baser sur le patrimoine génétique d’une personne pour mettre en corrélation les chromosomes et allèles présents dans les cellules prélevées. Le résultat du test s’appuie ainsi sur un véritable résultat scientifique, ce qui est nettement plus rassurant que la plupart des déductions généalogiques qui peuvent être réalisées. Selon le type de test réalisé, et le nombre de régions de l’ADN explorées, la fiabilité du résultat sera différente. Dans tous les cas de figure, elle reste généralement supérieure à 99,99 %, ce qui permet d’attester de la relation ou de l’absence de relation entre deux individus avec une précision scientifique. Les tests génétiques s’appuient ainsi sur des prélèvements sanguins, de la salive : prélevée sur un coton tige lors d’un frottis buccal ou sur tout autre prélèvement réalisé par la personne qui commande le test. Toute la procédure à voir en détails. Les résultats des tests sont remis très rapidement à l’individu, qui peut alors être certain de l’identité de son géniteur.

Comment pratiquer un test de paternité en toute discrétion ?

Il est nécessaire de savoir qu’en France, un test de paternité réalisé sur Internet ne pourra pas être utilisé en Justice. Il n’aura aucune valeur juridique. Les laboratoires étrangers qui effectuent des tests ADN ne proposent les résultats du test qu’à titre indicatif. Si vous souhaitez engager une action judiciaire, il est nécessaire de demander un test en Justice, lequel sera réalisé dans un laboratoire accrédité par le Ministère. Il n’est pas possible de contraindre une personne à recueillir ses données génétiques pour prouver les liens familiaux. Ainsi, pour faire le test, vous ne pourrez pas obliger votre père à se soumettre à un frottis buccal destiné à recueillir ses empreintes génétiques pour les faire analyser. En revanche, il est possible à titre indicatif de recueillir l’empreinte génétique d’une personne par prélèvement non-invasif, et d’envoyer ce dernier par la Poste à un laboratoire effectuant un test de paternité. La réponse arrive ensuite dans les quelques jours ouvrables qui suivent l’envoi.

Quels sont les prélèvements qui peuvent être effectués pour demander un test de paternité ?

Le plus important pour qu’un test de paternité puisse être réalisé, c’est d’envoyer de l’ADN à analyser au laboratoire. Si un échantillon de salive ou une prise de sang sont les deux voies les plus sûres pour effectuer un test de paternité, ces méthodes invasives ne correspondront pas à tous les profils. Dans de nombreux cas, le test est réalisé en secret par un membre de la famille. Dans une telle situation, il est nécessaire d’effectuer un prélèvement pour faire le test et établir un lien de filiation. Il suffira alors au demandeur de commander, par Internet ou par téléphone, un kit de prélèvement qui permettra de recueillir scientifiquement certains éléments pouvant contenir de l’ADN, et de renvoyer ce dernier au laboratoire qui fournira les résultats sous quelques jours ouvrés. De cette manière, de nombreux éléments du corps peuvent être utilisés, car ils contiennent de l’ADN : une serviette imbibée d’une tâche de sang, des ongles, un mégot de cigarette, des brins de cheveux, une tâche de sperme, une paille usagée, une brosse à dent. Selon la nature du prélèvement, il est possible que la quantité d’ADN ne soit pas suffisante pour procéder au test de paternité. Il est donc important de privilégier les tâches de sang ou de sperme, la fraîcheur du prélèvement étant de mise pour garantir un résultat. Une fois le prélèvement effectué, l’envoi s’effectue par voie postale et le laboratoire effectue le test demandé, les résultats étant disponibles sous quelques jours. Réaliser un test de paternité est donc extrêmement simple et fiable, alors pourquoi hésiter ?

Et si l’anxiété et les inquiétudes liées à la paternité ne s’apaisaient pas ?

Pour la plupart des hommes, ces craintes se dissipent rapidement après la naissance du bébé. Toutefois, lorsque cela ne se produit pas ou n’arrive pas rapidement, un soutien psychologique peut être extrêmement utile. Beaucoup d’hommes ne se sentent pas capables de parler de leurs angoisses et de leurs peurs avec quelqu’un et, souvent, ne les confrontent même pas avec leur partenaire. Avoir peur est une expérience que beaucoup de gens vivent comme une manifestation de faiblesse qui devrait être cachée. D’une certaine manière, le sentiment de peur semble être en contradiction avec l’image d’un homme fort, capable de soutenir la famille, que tout futur père tente de construire. Il y a aussi la crainte d’être jugé ou ridiculisé ou de ne pas être pris au sérieux. Un conseiller psychologique peut contribuer à réduire et à atténuer les angoisses et les inquiétudes liées à la paternité, dans un contexte d’acceptation et de partage à la fois professionnel, humainement accueillant et dépourvu de jugement.