Conseils pour prendre soin de votre santé mentale

Que signifie être en bonne santé et pourquoi s’occuper de la santé mentale ? Des conseils sur la façon de prendre soin des vôtres.

Qu’est-ce que la santé mentale ?

Sandra explique que la santé mentale n’est pas la simple absence d’un trouble psychiatrique : il s’agit de la qualité de vie, de la capacité à changer chaque fois que possible et à s’adapter si nécessaire. Être en bonne santé mentale, c’est être en paix avec son histoire et ses émotions, être capable d’organiser son comportement en fonction d’objectifs, être attentif à ce qui est important et faire face au malaise généré par les situations et les relations quotidiennes.

La santé mentale définit le bien-être psychique, émotionnel et cognitif ou une absence de trouble mental. Le terme est relativement récent et polysémique. La santé mentale est selon J. Sutter perçue comme « [l’]aptitude du psychisme à fonctionner de façon harmonieuse, agréable, efficace et à faire face avec souplesse aux situations difficiles en étant capable de retrouver son équilibre.

Il n’existe aucune définition précise de la santé mentale, mais pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) « on définit la santé mentale comme un état de bien-être qui permet à chacun de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive et d’être en mesure d’apporter une contribution à la communauté.

La santé mentale peut être altérée par des troubles, dont la dépression, les troubles anxieux, les troubles bipolaires ou la schizophrénie. Une liste des troubles de la santé mentale et leur description sont données dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association Américaine de Psychiatrie et la Classification internationale des maladies de l’OMS.

Pourquoi la santé mentale est-elle importante ?

Plusieurs problèmes de santé mentale commencent pendant la petite enfance, incluant la dépression, l’anxiété, le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), l’autisme et les problèmes de comportement perturbateur (p. ex., agressivité, opposition et défiance).

Sandra attire l’attention sur la négligence en matière de soins émotionnels. « Lorsque nous sommes en bonne santé émotionnelle, nous avons plus de chances d’être en bonne santé physique (et vice versa) », dit-elle. La santé mentale nous permet de nous engager à mener une vie saine et de qualité et nous permet d’être heureux de nos choix. De plus, le stress soumet notre corps à l’effet de substances chimiques qui affectent le système immunitaire.

Certains des premiers signes de problèmes de santé mentale chez les enfants sont des changements persistants dans leur comportement qui affecte leur fonctionnement (p. ex., changements d’humeur, niveau d’énergie, sommeil, attitude et appétit). 

Les professionnels disposent désormais d’outils diagnostiques efficaces pour déterminer les troubles mentaux chez les très jeunes enfants. Toutefois, les parents doivent continuer à jouer un rôle prépondérant puisqu’ils sont souvent les premiers à déceler les signes avant-coureurs, d’où l’importance de mieux les informer sur la santé mentale afin qu’ils puissent dès que possible offrir à leurs enfants l’aide dont ils ont besoin. Les troubles anxieux sont caractérisés par une montée émotionnelle associée à une peur, une inquiétude ou une nervosité disproportionnée par rapport à la situation vécue. Des peurs importantes chez les enfants d’âge préscolaire ont été signalées dans la littérature dès les années 1920, mais ce n’est que récemment qu’il a été largement admis que les troubles anxieux pendant la petite enfance nuisent au fonctionnement et méritent un traitement spécialisé. L’anxiété chez les jeunes enfants se manifeste souvent par une attitude craintive, une défiance ou des crises de larmes lors de situations stressantes (par ex., se séparer d’un parent). Le diagnostic de dépression pendant la petite enfance reste controversé, mais les symptômes observés chez des enfants plus âgés, dont la tristesse, les problèmes de poids, d’appétit et de sommeil, le manque d’énergie et la faible estime de soi peuvent indiquer la présence d’un syndrome distinctif chez les jeunes enfants. Pour rencontrer les critères diagnostiques d’un trouble, les symptômes observés doivent être suffisamment sévères pour perturber le fonctionnement normal. La plupart des jeunes enfants qui présentent des symptômes dépressifs ne rencontrent donc pas les critères diagnostiques formels énoncés dans le DSM-IV, mais les experts conviennent que les enfants peuvent présenter les symptômes de base de la dépression dès l’âge de trois ans.

10 conseils qui vous aideront à prendre soin de votre santé mentale

Conscient de l’importance de la santé mentale, que peut-on faire pour la maintenir et avoir une qualité de vie ?

1. Découvrez ce que vous aimez faire

Selon Sandra, il est important d’investir du temps dans ce qui nous procure du plaisir. Trouvez ce qui vous fait du bien, ce que vous aimez faire, et surtout : faites-le !

2. Développer et renforcer vos liens

Les relations sont une partie importante de notre vie et de notre développement car elles donnent un sens à notre comportement. Prenez soin de vos relations familiales et amicales !

3. Rester actif intellectuellement

Apprendre et produire de nouvelles choses sont des moyens de rester actif, tout en apportant du plaisir à votre vie quotidienne.

4. Pratiquer des activités physiques

Cela peut sembler fou, mais l’exercice physique peut vraiment vous aider ! En faisant de l’exercice, votre corps libère de la sérotonine et de l’endorphine, des hormones qui favorisent le bien-être et le sentiment de plaisir.

5. Bien se nourrir

Nous savons déjà que les aspects physiques et mentaux sont interconnectés, n’est-ce pas ? Prendre soin de son corps est donc un excellent moyen de garder sa santé mentale à jour.

6. Prenez soin de votre sommeil

Bien dormir est également très important pour le bon fonctionnement de l’organisme dans son ensemble, en plus de nous rendre moins vulnérables aux situations de stress.

7. Avoir des projets

Se faire fixer des projets et des objectifs donne un sens à la vie, c’est pourquoi Sandra indique que c’est une façon de garder un esprit sain.

8. Avoir une routine de soins personnels

Soyez conscient de votre corps et de vos désirs et n’oubliez pas de prendre un peu de temps dans votre vie quotidienne pour prendre soin de vous. Investissez dans ce qui favorise votre estime de soi. Avoir une routine de soins de la peau, par exemple, fonctionne pour beaucoup de gens. Trouvez ce qui a du sens pour vous et prenez soin de vous !

9. Pas si couvert

Dans la vie quotidienne, nous avons tendance à produire et à travailler trop, ce qui n’est pas sain du tout. Respectez votre corps et ne vous inquiétez pas si vous avez besoin de ralentir et de prendre du temps pour vous. Après tout, rien n’est plus important que votre santé !

10. N’hésitez pas à demander une aide professionnelle

Demander de l’aide n’est pas une faiblesse ! Votre santé mentale mérite d’être prise en charge de la meilleure façon qui soit. Et n’oubliez pas : mieux vaut prévenir que guérir.

Des choses simples peuvent vous aider à maintenir votre santé mentale à jour. Prenez donc bien soin de vous. Vous méritez d’être heureux !

Adoptez de bonnes habitudes de vie. Prenez le temps de bien manger. Couchez-vous à une heure raisonnable afin de dormir suffisamment. Faites de l’exercice tous les jours. Réduisez votre consommation de stimulants : café, thé, boissons gazeuses ou énergisantes, chocolat. Diminuez ou cessez complètement votre consommation d’alcool, de drogues et de tabac.

Entretenez des relations positives avec votre entourage : membres de votre famille, amis, voisins, collègues de travail, etc. Participez à des activités de loisir qui vous plaisent et trouvez du temps pour vous y adonner. Évitez de rester seul si vous vivez une situation difficile comme un deuil ou une perte d’emploi. Demandez du soutien à vos proches, à une personne de confiance ou à un organisme spécialisé.

Dépistage et prévention de la maladie mentale

Pour une prévention efficace, un dépistage et un diagnostic précoces apparaissent essentiels. En France, l’état des lieux est alarmant. Comment comprendre les retards observés ? Mais surtout, comment les dépasser ?

Un consensus international émerge depuis quelques années sur l’importance de la santé mentale pour la santé globale et le développement économique, social et humain d’une population.

En promotion de la santé mentale et prévention des troubles mentaux, les travaux de l’INSPQ visent à contribuer au développement d’indicateurs de surveillance de la santé mentale positive et d’améliorer l’offre d’interventions en promotion de la santé mentale auprès de la population, notamment celles auprès des jeunes adultes et des aînés. Les travaux visent également à favoriser l’intervention précoce de prévention de la dépression.

Il est essentiel que les efforts nationaux déployés pour élaborer et mettre en œuvre les politiques de santé mentale visent non seulement à protéger et à promouvoir le bien-être mental des citoyens, mais aussi à répondre aux besoins des personnes atteintes de troubles mentaux.

Les connaissances concernant l’action à mener face à la charge croissante des troubles mentaux ont beaucoup progressé ces 10 dernières années. Des données toujours plus nombreuses démontrent que certaines interventions clés pour les troubles mentaux prioritaires sont à la fois efficaces et rentables, et ce dans des pays situés à différents niveaux de développement économique.

Parmi les interventions à la fois rentables, réalistes et économiquement abordables figurent:

les soins traitement de l’épilepsie au moyen d’antiépileptiques;
les soins de la dépression par une approche psychologique et des antidépresseurs génériques pour les cas sévères à modérés;
les soins des psychoses par des antipsychotiques plus anciens et un appui psychosocial;
les soins des boissons alcoolisées et les restrictions concernant leur disponibilité et leur commercialisation.

Il existe également tout un éventail de mesures efficaces pour la prévention du suicide, la prévention et le traitement des troubles mentaux chez l’enfant, la prévention et le traitement de la démence, et le traitement des troubles liés à l’abus de substances psychoactives. Le Programme d’action «Combler les lacunes en santé mentale»( (mhGAP) a établi des lignes directrices fondées sur des données factuelles à l’intention des non spécialistes pour les aider à repérer et prendre en charge les problèmes prioritaires de santé mentale.

Découvrir 10 principes communs qui sous-tendent toute intégration réussie des soins de santé mentale, quel que soit le niveau de ressources du pays, ainsi que les implications cliniques de l’intégration pour les professionnels des soins primaires :

Les politiques et les plans doivent incorporer la notion de prise en charge de la santé mentale en soins primaires.
Le plaidoyer est nécessaire pour changer les attitudes et les comportements.
Les agents de soins primaires doivent être formés en conséquence.
Les tâches confiées aux agents de soins primaires doivent être limitées et réalisables.
Des professionnels et des établissements spécialisés en santé mentale doivent être disponibles pour soutenir les soins primaires.
Les patients doivent avoir accès aux principaux psychotropes en soins primaires.
L’intégration est un processus et non un événement.
Il est crucial d’avoir un coordinateur des services de santé mentale.
Une collaboration avec les secteurs gouvernementaux autres que les secteurs de la santé, avec les ONG, les agents de santé communautaires et de village, ainsi qu’avec les travailleurs bénévoles est nécessaire.
Des ressources financières et humaines sont requises.